Communiqué

ANHB et NEIHB sur la même longueur d’onde

 

Face au projet de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) d’implanter trois très grandes éoliennes (186 m de hauteur en bout de pales) sur les communes de St Bonnet des Bruyères et St Igny de Vers, les deux associations locales, ANHB et NEIHB, soucieuses de la qualité de l’environnement et de la préservation de leur cadre de vie, ont fait une analyse complète du dossier soumis à la procédure d’autorisation unique et, malgré un a priori très favorable pour toutes les formes d’énergie renouvelable, elles sont contre ce projet d’éoliennes, ici, à Champ Bayon. En effet, sous une apparence flatteuse, ce projet présente trop d’inconvénients, trop de zones d’ombres, trop d’incertitudes qui auraient mérité des études exhaustives contradictoires menées par des services indépendants.

Avant tout et c’est le point de départ d’une interrogation majeure sur l’utilité de cette entreprise à caractère industriel, il y a la CERTITUDE de l’absence d’un vent suffisant pour que ce projet soit viable, ce qui est un comble puisque c’est précisément ce vent qui doit mettre en mouvement les pales géantes. À Champ Bayon, la carte des vents de France et les mesures effectuées sur le secteur donnent un vent moyen inférieur à 6,5 m/s (seuil dit de rentabilité), ce qui est très faible comparé aux zones très ventées de toutes les côtes, du bassin parisien, du nord de la France, du bassin aquitain et de la vallée du Rhône. Les pales ne tourneront pas très vite, pas toujours et le rendement sera très faible. La CNR semble se satisfaire d’un rendement d’un peu plus de 20% (équivalent à un jour de fonctionnement sur cinq) qui ne sera probablement pas atteint à cause du faible gisement éolien. Cela apparaît comme dérisoire au regard des sommes considérables qui seront investies pour ces trois éoliennes géantes ! Quel particulier se risquerait dans un investissement aussi peu rentable ? D’autant plus que la région Auvergne-Rhône-Alpes produit déjà deux fois plus d’électricité qu’elle n’en consomme ; en grande partie d’ailleurs grâce à ses cours d’eau, source d’énergie renouvelable historique. Il y a donc, dès le départ, un doute énorme sur les motivations profondes d’un tel choix de site, doute qui n’est pas levé par la longue liste des conclusions favorables de l’étude d’impact qui, de façon laconique, laissent à penser que tout est pour le mieux.

Ensuite, se pose le problème de l’eau et du système aquifère qui semblent considérés comme quantité négligeable. Or, tout le Haut-Beaujolais, par son sol et son arène granitique, est un formidable réceptacle des eaux de pluie, un réservoir éponge qui filtre et restitue une eau de qualité. L’implantation des socles en béton volumineux et en profondeur supposerait qu’une étude géologique sérieuse soit faite avant toute décision. Il n’en est rien. Il n’est tenu compte que des 0,4% d’emprise superficielle. Curieuse seconde incohérence, après celle du vent insuffisant !

Quant aux études d’impact sur l’avifaune, les chiroptères et la faune, elles sont très vagues. Cependant, il est noté pour chacun de ces trois domaines une sensibilité modérée à forte pour les zones d’ascendance des rapaces, la nidification de la buse variable, les passages migratoires, les gîtes des chauves-souris et les zones de reproduction pour la faune autre. Mais il n’y a rien sur le sonneur à ventre jaune, ni sur le lézard des souches qui sont pourtant des espèces à fort enjeu. Rien non plus précisément sur le Grand Duc d’Europe ni le Milan Royal dont c’est le territoire de chasse (rappelons que les pales qui semblent tourner lentement ont une vitesse très élevée à leur extrémité pouvant aller jusqu’à 280 km/h).

Par ailleurs, pour ce qui est des mesures compensatoires prévues, elles ne profiteront qu’aux chasseurs et à la filière bois sous forme d’une enveloppe financière sans aucune contrepartie. Quant au suivi post-construction dont le coût est estimé à plus de 50.000 €, pourquoi la CNR prévoit-elle de le confier à des bureaux d’études privés et pas à deux organismes naturalistes indépendants qui font autorité : la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) et la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la NAture (FRAPNA) ?

Enfin, d’autres impacts (visuel, bruit, infrasons, éclats lumineux, réception de la télévision, etc.) auxquels vont être exposés les habitants proches sont minimisés par les études et considérés comme acceptables. Sans doute parce qu’ils ne concernent qu’un nombre jugé limité d’habitations. On a coutume d’appeler cela des « dommages collatéraux inévitables ». Les décideurs seraient-ils aussi enthousiastes s’ils y étaient confrontés eux-mêmes, dans leur vie quotidienne ?

En conclusion, nos Associations sont favorables aux énergies renouvelables qui participent à la protection de l’environnement mais, cependant, pas n’importe où ni n’importe comment. Si des fonds européens importants sont disponibles pour subventionner le développement des énergies renouvelables (objectif français : 23% en 2020), pourquoi, au lieu de se fourvoyer dans des projets aussi aléatoires, ne pas promouvoir encore plus massivement, chez nous, avec des aides importantes aux particuliers et aux collectivités locales :

  • les ÉCONOMIES D’ÉNERGIE (ex : isolation des bâtiments),
  • l’implantation du PHOTOVOLTAÏQUE sur les toits bien exposés au soleil.

Cette orientation énergétique raisonnable, menée en parallèle avec la réduction progressive du parc nucléaire (58 réacteurs installés à ce jour en France), aurait l’immense avantage de fournir vraiment du travail aux entreprises locales (artisans et PME), ce qui ne sera pas le cas avec ces éoliennes, du fait de la provenance des machines.

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L’association Les Amis de la Nature du Haut-Beaujolais (ANHB) est une association de protection de la nature créée en 1981 suite à un projet d’incinérateur pour brûler les ordures ménagères du secteur au Col de CRIE. Ce projet ne s’est pas réalisé et les déchèteries existent aujourd’hui. Le col de CRIE est devenu un lieu touristique du Haut-Beaujolais. La préservation de l’eau et de la forêt sont les sujets de protection actuels et prioritaires pour les ANHB.

Mail : nature.anhb@laposte.net

 L’association Non à l’Éolien Industriel en Haut-Beaujolais (NEIHB) a été créée en janvier 2015 pour défendre l’environnement et le cadre de vie et, à ce titre, lutter contre le projet de parc éolien industriel de Champ Bayon et tout autre projet et installation industriels qui porteraient atteinte au caractère naturel des sites, paysages, monuments, aux ressources naturelles comme les sources de la Grosne, du Sornin et de leurs affluents, à la forêt, aux espèces animales et végétales du Haut-Beaujolais, à la santé et à la sécurité des habitants de cette région.

Mail : neihb69790@gmail.com   Internet : www.neihb.fr

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